ACID ARAB : Jdid

Parfois, en attaquant l’écoute d’un album, on ne sait vraiment pas à quoi s’attendre. Pour ce projet du duo français Guido Minisky et Hervé Carvalho, c’est plutôt le contraire ; les intentions sont affichées dès le nom du projet ; allier le charme enivrant des musiques orientales au rythmes obsessionnels de l’acid techno. Du coup, il est où le challenge ? Le challenge, mes p’tits z’amis, c’est de parvenir quand même à surprendre son auditoire alors qu’il s’attend à peu près à ce qu’il va trouver. « Jdid » est donc le deuxième opus du projet, après un premier coup d’éclat (adoubé par Rachid Taha, excusez du peu !) au nom gonflé de « Musique de France ». Bon, recontextualisons la chose : je suis un gros fan de mélanges world electro. Mais je suis aussi un gros fan d’Orange Blossom, qui font ça très bien depuis des années. Et « Jdid » est ma première rencontre avec Acid Arab (qui, pour la petite histoire, s’appelle comme ça suite à une remarque de graphiste). En presque une heure, j’ai le temps de faire le tour du style proposé, et constater que le nom n’est pas usurpé, le contrat respecté ; oui, ce qui est annoncé est fait. Ceci dit, est-ce assez pour nous y faire adhérer ? Là, je suis plus partagé. Certes, le duo prend garde à aligner assez d’invités et d’ambiances différents pour ne pas frustrer ou fatiguer le curieux attiré par les effluves épicées d’une telle promesse. Mais l’ensemble s’avère vite répétitif et quelque peu décevant. L’acidité devrait, à mon sens, être contrebalancée par la rondeur et la générosité de l’orient. Hélas, les traits orientaux sont, selon moi, traités avec la même logique sonore. Alors oui, c’est cohérent, mais ça manque de nuances, et c’est préjudiciable à l’album. Dommage.

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