THROWING SNOW : Loma

La preuve que Bristol n’accouche pas en rayon electro que de formations au spleen contagieux, la voilà. Throwing Snow fait, lui,dans l’electro turbulente et obsédante. « Simmer »,qui ouvre le bal, a quelque chose de trance dans l’adn. Sa ligne mélodique minimaliste vous restera longtemps en tête, même si ça n’est pas mon titre préféré, puisqu’un poil trop long. En revanche, « Myriad » et ses claviers aux sonorités plus rétro fait clairement partie de mes chouchous, et chaque nouvelle écoute le confirme. Sur « Trébucher », c’est la profondeur des basses qui séduit. Les rythmiques sont sèches,influencées par le break beat, tempérées ça et là par le trip hop. Les mélodies fluctuent au gré des envies de l’auteur, qui insuffle des influences jungle, drum n’ bass, techno, acid,ambiant, ou quelque chose de plus psychédélique. Alors bien sûr, la dansabilité de ce disque est à réserver aux inconditionnels des rythmes technoïdes, son charme n’agira que sur les amoureux du rythme. Celui-ci est d’ailleurs beaucoup plus marqué et « dur »que sur « Embers » pour celles et ceux qui ont eu la chance de s’y adonner en 2016. J’ai d’ailleurs toujours tendance à le préférer à ce troisième album, même si je reconnais à ce dernier des qualités et une diversité peut-être plus prononcées. Chouette bataille de boules de neige quand même.

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HEX : Hex

Il y a presque trente ans, un groupe nommé Hex accouchait d’un premier album sobrement baptisé « Hex », plutôt dans le genre indie pop. Et bien voici une première information capitale : ce groupe, comme ce disque, n’ont rien à voir avec ça. Le Hex dont je vous parle aujourd’hui est un groupe suisse qui œuvre dans le post rock / post punk instrumental qui fait des clins d’oeils appuyés à la synth wave avec des claviers et ambiances electroniques / rock indus, qui pourraient également rappeler la dureté mélodique et la martialité d’un Das Ich. En quatre titres, Hex parvient à nous glacer le sang, en installant une ambiance qui pourrait s’apparenter à celle du metal sans pour autant n’en utiliser aucun artifice ou presque. Du coup, on ne sait pas trop quel qualificatif donner à ce disque : lancinant, cauchemardesque, neo-gothique ? En tout cas, c’est fascinant. Chacun des quatre titres ici présent rivalise de mélodies obsédantes, de rythmiques tribales, de froideur industrielle. En fin de parcours, on a droit à une voix diaphane qui contraste magnifiquement avec la musique. Bon, bien sûr, « Hex »est un album de niche, qui ne séduira que ceux qui aiment se donner des frissons musicaux, mais si c’est votre cas, plongez-y votre âme,et qu’elle en ressorte souillée !

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VNV NATION : Noire

Voilà bien longtemps que je n’ai pas écouté un disque du plus allemand des groupes electro dark pop anglais. En fait, j’ai la sale habitude de redécouvrir les albums du duo une fois ceux-ci sortis. Mais pour une fois, j’ai vu passer une news sur un réseau social, celle où le groupe annonçait ses prochaines dates de tournée US. Bon, ok, j’ai toujours un train de retard, mais celui-ci a moins de wagons !« Noire », donc, est le dixième album du groupe, et présente toujours un style parfaitement reconnaissable, toujours actuel dans sa partie synth, catchy dans sa partie pop et gothique-romantique par son côté electro-dark. On commence fort par une très bonne « A million », long tunnel monomélodique de six minutes trente complètement obsédant. « Armour »est un peu plus poppy et me convainc moins. « God of all »est un deuxième carton. La « Nocturne no°7 » qui lui fait suite est on ne peut plus inattendue. Il s’agit d’une véritable pièce classique au piano, ce qui semble complètement incongru et déplacé ici, mais qui finalement permet au disque de respirer. Ilfaut dire que le style de VNV Nation n’a que peu évolué depuis des années. « Collide » et « Wonders » plus encore, sont d’autres titres assez lumineux, contrastant avec le titre de ce disque. « Immersed » et son côté très techno pop est efficace mais à la portée limitée. « Lights go out », en revanche, est un autre titre puissant et accrocheur. « Guiding » est le deuxième intermède instrumental, plus classique mais réussi. « When is the future ? » est lumineuse mais fonctionne bien, « Only sattelites » est un autre de ces titres un peu trop poppy pour moi, « Requiem for wires » est le troisième intermède,très moyen, et enfin « All our sins » clôt l’album en beauté. Le résultat est comme souvent avec VNV Nation : bon et nuancé à la fois. Je ne regrette donc pas, cette fois, d’avoir devancé notre rendez-vous !

Paroles de l’album

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VNV NATION : When is the future ?

HATE SQUAD : Reborn from ashes

Il y a des soirs comme ça, où on ne cherche pas à être impressionnés, à trouver sous le sapin autre chose qu’un bon disque direct, sec et sans fioritures. C’est bien ce à quoi je m’attendais en lançant l’écoute de ce retour de Hate Squad,combo allemand qui dans mes souvenirs lointains ne brillait pas par son originalité mais savait comment tourner son power thrashcore pour le rendre percutant à souhait. Enfin, je vous dis ça, c’est juste sur la base d’un « IQ zero » qui date de…1995 !Eh ouais, ça fait un bail. Et pourtant, à l’écoute de ce septième album studio (si je compte bien), rien ou presque n’a changé. « Reborn from ashes » (oh, putain, même ce titre sonne cliché) reprend les choses à peu près où j’avais lâché la rampe. Un style classique et efficace, sans beaucoup de fioritures mais assez carré et convainquant pour qu’on headbangue en rythme. Mais quelques titres plus tard, on découvre des influences plus heavy, death voir black qu’on n’avait pas croisées avant (« Amok »). Pourquoi pas ? Mais que les puristes se rassurent ; elles n’apparaissent que de manière sporadique, l’ensemble restant clairement orienté crossover thrashcore. Les titres se suivent et se ressemblent,certes, mais tous sont bien foutus, et il serait idiot de bouder son plaisir ; « « Reborn from ashes » est un bon défouloir. Profitons-en et relâchons un peu la pression !

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Hate Squad : Death list

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